A  /  B  /  C  /  D  /  E  /   F  /  G  /  H  /  I  /  J  /   K  /  L  /  M  /  N  /  O   P  /  R  /  S  /  T  /  U  /  V  /  W  /  X  /  Y  /  Z

Le grand Meaulnes by Alain Fournier

A >> Alain Fournier >> Le grand Meaulnes

Pages:
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16



"Bon! pensai-je; c'est quelqu'un de leurs amis qu'ils auront convie sans
me le dire et ils l'auront envoye en eclaireur".

L'homme fit jouer doucement, sans bruit, le loquet de la porte. Mais je
l'avais refermee, aussitot sorti. Il fit de meme a l'entree de la
cuisine. Puis, hesitant un instant, il tourna vers moi, eclairee par le
demi-jour, sa figure inquiete. Et c'est alors seulement que je reconnus
le grand Meaulnes.

Un long moment je restai la, effraye, desespere, repris soudain par
toute la douleur qu'avait reveillee son retour. Il avait disparu
derriere la maison, en avait fait le tour, et il revenait, hesitant.

Alors je m'avancai vers lui, et sans rien dire, je l'embrassai en
sanglotant. Tout de suite, il comprit:

"Ah! dit-il d'une voix breve, elle est morte, n'est-ce pas?"

Et il resta la, debout, sourd, immobile et terrible. Je le pris par le
bras et doucement je l'entrainai vers la maison. Il faisait jour
maintenant. Tout de suite, pour que le plus dur fut accompli, je lui fis
monter l'escalier qui menait vers la chambre de la morte. Sitot entre;
il tomba a deux genoux devant le lit et, longtemps, resta la tete
enfouie dans ses deux bras.

Il se releva enfin, les yeux egares, titubant, ne sachant ou il etait.
Et, toujours le guidant par le bras, j'ouvris la porte qui faisait
communiquer cette chambre avec celle de la petite fille. Elle s'etait
eveillee toute seule--pendant que sa nourrice etait en bas--et,
deliberement, s'etait assise dans son berceau. On voyait tout juste sa
tete etonnee, tournee vers nous.

"Voici ta fille", dis-je.

Il eut un sursaut et me regarda.

Puis il la saisit et l'enleva dans ses bras. Il ne put pas bien la voir
d'abord, parce qu'il pleurait. Alors, pour detourner un peu ce grand
attendrissement et ce flot de larmes, tout en la tenant tres serree
contre lui, assise sur son bras droit, il tourna vers moi sa tete
baissee et me dit:

"Je les ai ramenes, les deux autres... Tu iras les voir dans leur
maison".

Et en effet, au debut de la matinee, lorsque je m'en allai, tout pensif
et presque heureux vers la maison de Frantz, qu'Yvonne de Galais m'avait
jadis montree deserte, j'apercus de loin une maniere de jeune menagere
en collerette, qui balayait le pas de sa porte, objet de curiosite et
d'enthousiasme pour plusieurs petits vachers endimanches qui s'en
allaient a la messe...

Cependant la petite fille commencait a s'ennuyer d'etre serree ainsi, et
comme Augustin, la tete penchee de cote pour cacher et arreter ses
larmes continuait a ne pas la regarder, elle lui flanqua une grande tape
de sa petite main sur sa bouche barbue et mouillee.

Cette fois le pere leva bien haut sa fille, la fit sauter au bout de ses
bras et la regarda avec une espece de rire. Satisfaite, elle battit des
mains...

Je m'etais legerement recule pour mieux les voir. Un peu decu et
pourtant emerveille, je comprenais que la petite fille avait enfin
trouve la le compagnon qu'elle attendait obscurement. La seule joie que
m'eut laissee le grand Meaulnes, je sentais bien qu'il etait revenu pour
me la prendre. Et deja je l'imaginais, la nuit, enveloppant sa fille
dans un manteau, et partant avec elle pour de nouvelles aventures.



TABLE

Premiere Partie.

I.--Le Pensionnaire.
II.--Apres quatre heures.
III.--"Je frequentais la boutique d'un vannier".
IV.--L'Evasion.
V.--La Voiture qui revient.
VI.--On frappe au carreau.
VII.--Le Gilet de soie.
VIII.--L'Aventure.
IX.--Une Halte.
X.--La Bergerie.
XI.--Le Domaine mysterieux.
XII.--La Chambre de Wellington.
XIII.--La Fete etrange.
XIV.--La Fete etrange (suite).
XV.--La Rencontre.
XVI.--Frantz de Galais.
XVII--La Fete etrange (fin).

Deuxieme Partie.

I.--Le grand Jeu.
II.--Nous tombons dans une embuscade.
III.--Les Bohemiens a l'ecole.
IV.--Ou il est question du Domaine mysterieux.
V.--L'Homme aux espadrilles.
VI.--Une Dispute dans la coulisse.
VII.--Le Bohemien enleve son bandeau.
VIII.--Les Gendarmes!
IX.--A la recherche du sentier perdu.
X.--La Lessive.
XI.--Je trahis.
XII.--Les trois lettres de Meaulnes.

Troisieme Partie.

I.--La Baignade.
II.--Chez Florentin.
III.--Une Apparition.
IV.--La grande Nouvelle.
V.--La Partie de Plaisir.
VI.--La Partie de Plaisir (fin).
VII.--Le Jour des Noces.
VIII.--L'Appel de Frantz.
IX.--Les Gens heureux.
X.--La "Maison de Frantz".
XI.--Conversation sous la Pluie.
XII.--Le Fardeau.
XIII.--Le Cahier de Devoirs mensuels.
XIV.--Le Secret.
XV.--Le Secret (suite).
XVI.--Le Secret (fin).
Epilogue.






Pages:
1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16

Alex Ross: Winner of the Guardian first book award
Stuart Evers: They made a real difference to Britain's literary culture, and it would be a terrible shame if they got forgotten in the age of Amazon

Congratulations to Alex Ross, winner of the Guardian first book award
One of only seven copies of The Tales of Beedle the Bard handwritten by JK Rowling is unveiled at the New York Public Library as the mass market edition goes on sale around the world

The arcane first book that's also a bestseller

Congratulations to Alex Ross, the deserving winner of the 2008 Guardian first book award. There's been a massed chorus of appreciation for this work already, so I shan't add much, except to say that what I particular enjoy about it is the connections it makes between musics and musicians. I'm the sort of person who goes to a lot of concerts, plays the violin, has some kind of grasp of how the history of music works – but frankly, it's all a bit fragmented and vague, since I have never studied the history of music properly and I can't really do the textbook musicological stuff. As I was reading Ross's book, it dawned on me that most of my knowledge of 20th-century music was based on reading the occasional Grove essay – and mostly, reading programme notes. What Ross's book does brilliantly is knit all these odd and isolated bits of knowledge together, so that everything starts to synthesise rather wonderfully, and you get to know what Sibelius thought of Stravinsky, say (not much – "stillborn affectations" was the phrase employed); or that Alban Berg was lionised by George Gershwin; or that David Bowie referenced Philip Glass and vice versa. That, and then the material is set against its historical and political background, such that this is a book for history-lovers as much as music-lovers.

By the way, there's a pungent criticism of the new-music scene by Hans Eisler in 1928, as quoted by Ross. How much have things changed, I wonder?

"The big music festivals have become downright stock exchanges, where the value of the works is assessed and contracts for the coming season are settled. Yet all this noise is carried out in the vacuum of a bell glass, so to speak, so that not a sound can be heard outside. An empty officiousness celebrates orgies of inbreeding, while there is a complete lack of interest or participation of a public of any kind."

guardian.co.uk © Guardian News & Media Limited 2008 | Use of this content is subject to our Terms & Conditions | More Feeds

Copyright (c) 2007. booksboost.com. All rights reserved.