Mots rouge espoir, poesie by Huguette Bertrand
H >>
Huguette Bertrand >> Mots rouge espoir, poesieHuguette Bertrand
MOTS ROUGE ESPOIR
poesie
Editions En Marge
=========================================
Au bout de tes doigts
je remonte ma vie
par l'echelle de tes accomplissements
Au bout de tes doigts
je vois tes mots graves dans la pierre
ces enfants de la parole que je croyais tus
Au bout de tes doigts
un faisceau lumineux
ranime la braise de mes etonnements
Au bout de tes doigts
mes quotidiens mijotent
dans le jus de tes passions andalouses
Au bout de tes doigts
je marche dans des pas neufs
pour apprendre la suite du monde
Au bout de tes doigts
je poursuis tes mots jusqu'au carrefour
de mon achevement
_____________________________
Sous la lumiere d'un ciel rose
la montagne encensait
le turquoise de l'horizon
projete dans l'oeil
retourne au passe
sous l'epaisse couche de givre
quand le present fait rage
sur l'ame rompue
au vif espoir
d'une lumiere entrevue
a travers les silences
le bruit de mes pas
et le cri d'un oiseau
_____________________________
Les mots rouges habitent
le feu des passions
que le soir emporte
en ses draps parfumes de vifs espoirs
s'accordent aux douceurs d'etre
dans le plein des sens
amuses par les sursauts du coeur
habille pourpre
en ses vagues
en ses cris
fusent du desir
d'embrasser la nuit sombre
a la poursuite des reves
inaccomplis
_____________________________
Etait-ce un coup monte ?
Par qui ? Par quoi ?
Une simple brise printanniere ?
Peut-etre pas
C'etait un parfum
inoubliable
grave dans la memoire
des printemps successifs
un souffle du temps que l'on nomme
du temps hors des oublis
en soi
toujours en repli
_____________________________
Intimement
la lune engrossee
par un immense frisson
projette dans le noir
son oeil tout rond
immersion totale
dans nos incertitudes
toujours accueille
en son regard
le vermeil de nos passions
abandonnees au present
Lune rouge
quand le soir invite la nuit
dans son lit
phare des intemperies
joyeusement devenu
flamme
de tous les instants
_____________________________
Au pied du tragique
la parole se repand nue
seme recolte
se perd
dans l'infini des arrivees
des departs
rebelle
se meut dans le souffle du monde
toujours se meurt amoureuse
se moque des jours
caresse les nuits
remonte le temps
son cours d'eau
_____________________________
Trouble
un eclat de voix
contourne
glisse sur les desirs
echoues a la source poignante
des ivresses
s'eclate fluide
en son chant
retenu dans une parole
multicolore
multipliee
_____________________________
S'ecroule le jour
sans rage le soir
s'engage l'espoir
si court l'amour
si maigre l'espoir
reprise le noir
du jour au soir
s'ecoule le temps
les jours les soirs
l'amour a rire
dans un sanglot
_____________________________
A mains nues
se murmure la tendresse
sur un monde desenchante
quand sur la mousse
s'etalent les avenues du corps
a la source des levres
se prononce doux
oser la tendresse
nue sur la mousse
boire a la source
du prononce des levres
allant de l'eclat du rire
jusqu'a l'eclat du dire
_____________________________
Sur la page
une femme trace la trajectoire
d'une parole infinie
puissance de sa chair
puissance de son geste
refait les jours
denoue les nuits
depose entre desir
et plaisir
le geste a naitre
_____________________________
Beaux lumineux
les lieux se devisagent
fluides
traverses par une parole
que transporte le jour neuf
dans l'emportee du geste
geste reconnu
_____________________________
Mirage pour l'un
dans l'ame de l'autre
abandonne
dans la rosee des espoirs insenses
espoirs a perte de vue
dans les cendres du desir incandescent
refuse
sans appel
des mots de chair
des mots d'esprit
des mots d'amour
que l'on appelle
poesie
c'etait un rappel
un seisme momentane
un regard partage
_____________________________
Quelle passion ! Quelle douleur !
Quel enchantement !
se gravent au bout des doigts
pourtant si fragiles
en nos memoires
si denses
dans le silence des nuits
remuent les jours
bousculent les heures
jaillissement du cri
en sa douleur
repete sans cesse
le mot
origine
_____________________________
ATTOUCHEMENTS
Denudee
l'image glisse sur le ventre d'un sol lisse
par les mots
s'etale sur l'horizon
attouchements d'une parole en equilibre
sur la limite du discours
alle se fondre dans le desert
empreint d'echos
livres au passant
passons
passe
ils passent
tour a tour
dans l'imprevu
sans se toucher
_____________________________
VIE LA FIT
j'la tolere
j'la pleure j'la ris aussi
j'l'emmerde j'la promene
le jour le soir
dans le carosse de mon corps
s'agrippe de la tete aux pieds
me repand par terre
me ramasse a la pelle
me chiffonne
me barbouille la memoire
me tripote l'ame
la deshabille dans le noir
du fond de ma memoire
la garroche dans le tiroir des passions
des espoirs des cafards
des montees demontes
les descentes dans les pentes
par apres parapente
laissons dire
laissons faire
vie la fit
fit l'amour
vire la vie
trois fois l'tour
_____________________________
GRIS PASTEL
Bariole
le ciel m'aspire
vers ses moments pastels
l'oeil foudroye
par les flammes deployees
sur le couchant
trop vite endormi
C'etait un clin d'oeil
un soleil epanche sur ma route
envoutement d'un regard
etoile reveuse disparue
dans le toujours espere
Voila mon ciel
voila le gris
le pastel
l'ame
perdue
sur cet astre insense
Ce n'etait ni un mirage
ni une carte postale
c'etait vrai comme un clair de lune
sur la nuit sauvage
nuit de lune sauvage
interdite
_____________________________
SUBTIL OBSCUR
Il fut convenu
de peindre des silences enneiges
sur les nuits rudes
au rythme de la dechirure
souvenance d'un feu
dans la foret des songes
songes en deroute
toujours ranimes
par la lenteur des jours
toujours murmures a l'ombre
en ce lointain abime
sur la toile
des mots se melent
aux couleurs du vivant
glissent dans les yeux de l'absence
perdurent dans le froid
d'un temps
egare
_____________________________
Soleil en tete
chapeau dessus
l'idee dessous
sur la vague des routes
en repli
dans le bordel de l'histoire
a suivre....
03.02.00
_____________________________
Sous le masque
les couleurs de la colere
sur tous les tons
emettent des sons graves
transmettent un flux immonde
entre douceur
eclats de rire
eclats de pleurs
sur le chemin rocailleux
pietinent les fleurs amoureuses
d'un coup de griffe eclatent
jonchent le sol de la memoire
toujours renouvele
par nos histoires intempestives
entre le gris le noir
a l'horizon
un rouge espoir
04.02.00
_____________________________
D'un souffle
le vent du nord me transporte
jusqu'au quai d'un sourire
pres de la surface fremissante
de l'oeil ouvert
sur le monde alentour
sourire caressant un cri d'oiseau
son nid de mots
secretement murmures
a l'oreille du lit
_____________________________
Dans le conflit des vents du nord
la chair vibre fluide
avant la levee du rideau
c'etait le vent
c'etait la chair
c'etait fluide
juste avant la nuit
son silence
_____________________________
D'ou vient cette tendresse
venue d'on ne sait ou
doux croisement de mots imprevus
que la peau rejouie
en oublie ses faiblesses
gouter des jours
bonte des nuits
a la poursuite des heures
sous l'epiderme du quotidien
oser la douceur
oser la tendresse
mais ou est donc passee la caresse
des l'eveil ?
_____________________________
Dans le giron d'une histoire sans fin
une lectrice regarde des mondes anciens
des mondes nouveaux
en un tour de memoire
retrouve des foules
en leurs desirs inavoues
avoue la somnolence
se rappelle qu'il est temps de baisser les paupieres
de tendre les bras a la nuit
tendre la nuit vers le reve
des intimites
dejouees
_____________________________
Rouge le desir
quand la parole se fait
chaude intense
a travers les violences
du coeur
essentiels les mots rouges
les desirs du coeur
effacent les violences
par le sang
parlent aux sens
_____________________________
A travers les ondes
l'amour chuchote
au creux de l'oreille
se respire par le coeur
envole vers l'infini
des mots a dire
a reconnaitre
dans ce desir
fondu dans la volupte
_____________________________
Bleus de source
bleus de mer
bleus de terre
a meme nos differences
En silence
les mots respirent des blancs
des masques
des mondes
repetent des roles intimes
ultimes
derriere les rideaux
avancent morceles
jusqu'au desir
enfoui dans la cendre
du temps
_____________________________
Philo filons
entre moments trop fascines
en quatre temps
en deux mouvements
dans l'entretemps
pas d'quoi en faire un flan a la vanille
avec le jus des grands cerveaux
tres bien campes
quand les elans des sens
manquent a l'appel
autant rester a la limite
en sirotant l'expresso bouffe
devant son petit-dejeuner
laissons machin et compagnie
dans le bordel des jours trahis
agrementons les abstractions
de metachoux
de metaphores
metavision a meme les sens
metamorphose
de toute essence
_____________________________
Quand le cri du corps se fait dense
et danse le corps
dans la nudite du cri
danse le cri
sur la peau nue
danse le souffle
dans l'air
par le geste
par le corps
par le nu
en sa douleur
en son silence
un cri de femme
revelee
_____________________________
La vie cette toile
d'enfer d'amour
ballotte la vie
ballotte les jours
des fils d'ennuis
des jours de vie
quand faire l'amour
regorge de vie
balaie l'ennui
charrie les jours
charrie la vie
la toile la vie
la vie l'amour
reprend son cours
que vivent les mots
que vive la vie
que vive l'amour
_____________________________
Vaste silence
dans un chant de tendresse
vacille sur le coeur
devaste tendu
tendre et tendu
tendre et tant doux
tendrement libre
est ce chant de douceur
tendre est l'envol
au coeur du silence
vacille le temps
vacille le coeur
_____________________________
Au creux de la main
une caresse etouffee
vibre dans la lumiere
souffle sur le chant
d'un oiseau envole
libre dans la lumiere
librement etouffe
en son chant
toujours caresse
durs les mots doux
caressent l'envol
d'un chant
etouffe
_____________________________
Enfievree
l'ivresse des mots nus
explore le bleu silence
sous un ciel violent trop cendre
sur la courbure du dos
trace des mots larges et drus
bleu a peine
bleu miroir
mots bleus azur
_____________________________
Au crepuscule
le soleil langoureusement glisse
sur les courbes rousses
des montagnes incendiees
lance un dernier soupir flamboyant
alle se fondre dans la soie
de l'horizon
etonne
_____________________________
Rouge verdoyant
l'amour se baigne bleu
dans l'espoir
affiche sur le mur effronte
des impasses
figures dans les fissures
traces sur le temps
des memoires sculptees
Sur l'effondre des pierres
un regard ravisseur
secoue la lune
chaudement transfiguree
et rebelle
misere a poil
au pied du mur
terrifiee
_____________________________
Douce nuit
quand dort le jour
sans dessus dessous
boulimie d'heures indues
criblees de mots de gestes
a meme la desirance
Il est 6 heures
tout le monde debout
c'est l'heure soumise
aux insomnies
s'en va mourir
au pied du lit
_____________________________
De coup d'coeur
en coup d'coeur
de poeme en poeme
le momentane
toujours dans ses atours
affectueux
fuse emu
d'humour en humeur
de tendresse en peril
ce gout du risque
en hommage
a l'amour
_____________________________
S'etirent les longues nuits
sur un prenom appele
femme
que les hantises brulantes
ecrasent de jour
promesses benies
fraicheur des langues
toujours
dediees
_____________________________
Il fait silence
il fait mouvements
dans ce corps module
entre soleil
et pluie rose
peau d'ame
peau du cri
le cri a l'ame
le cri s'alarme
la peau se lie
a l'ame du cri
delit de l'ame
defie le cri
_____________________________
Le vent souffle
sur un champ d'ombres
depliees par les mots
qu'un soupir projette
sur un lit enneige immense
d'ou s'eleve
un chant voluptueux
cet echo
desavoue
il neige noir
sur la vastitude blanche
du temps
_____________________________
Pulsion oceane
dans le corps des mots
transfuge en equilibre
accouche sur les lignes
en mouvements imprevisibles
se fraie un passage
dans le rose d'un paysage
imprime a l'infini
sur la peau du cri
hauts de l'ame
au-dela
oser l'au-dela
vers le haut
vers la bas
vers l'ame
en travers du mot
a travers la peau
en dessous d'une parole
s'etire s'etiole
dans le chaud d'un mouvement
depossede
_____________________________
A la source du monde
une femme bleue
en ses yeux d'enfant
pleure sur les guerres
la faim l'exil
au coeur des fontaines
retrouve l'or
d'un monde
oublie
_____________________________
Au coeur des mains
des poignees de mots
se partagent
avec tendresse
repandent des sensations
des ivresses rares
au sein de l'etre
secoue
dans le momentane
d'un court instant
disparu
a tout jamais
_____________________________
Je ne suis que le vent
abandonne aux tempetes
enveloppe de matiere
denude par l'instant
Je ne suis que tempete
abandonnee par le vent
la matiere denudee
me transporte dans l'instant
Je ne suis que matiere
denudee par le vent
je transporte des tempetes
et poursuis les instants
Je ne suis qu'un instant
denude virtuel
j'abandonne les tempetes
et je sombre dans le vent
=====================================
(C) Editions En Marge et Huguette Bertrand
Depot legal / fevrier 2000
Bibliotheque nationale du Canada
Bibliotheque nationale du Quebec
ISBN 2-921818-17-5
Tous droits reserves - All rights reserved
===========================================================
Ce recueil de poesie est aussi edite sur le site web de la
Bibliotheque nationale du Canada dans sa collection electronique
a l'adresse suivante :
[ http://collection.nlc-bnc.ca/100/200/300/huguette_bertrand/mots_rouge/motsrouge.html ]
This poetry book is also edited on the National Library of Canada's website
in it's electronic collection at the following URL :
[ http://collection.nlc-bnc.ca/100/200/300/huguette_bertrand/mots_rouge/motsrouge.html ]
************