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Strates amoureuses, poesie by Huguette Bertrand

H >> Huguette Bertrand >> Strates amoureuses, poesieHuguette Bertrand




STRATES AMOUREUSES

poesie




Editions En Marge

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EUX FORT RIENT

Dans la prison d'un regard
passionne
le coeur se prononce
dans la mouvance des mots
euphoriques
derive sur les grandes eaux
fascinees
par des instants abandonnes
dans la voie lactee

hasta luego !


04.07.98

___________________________

BLUFF

Bouillonnant
le sommeil touche a tout
se cramponne aux souvenirs
se cambre se dechaine
sur un lit echevele
par des reves bluffeurs
sous les draps
en rafales
heurtent le coeur
engorge

Que viennent les tendres pluies
apaiser la torrefaction de l'ame
en son essence
aromatique


20.06.98

___________________________

CONFUSION

Tout confus
le soleil ne sait plus ce qu'il fait
il compte des vies
sur le dos des jeunes filles
les remplit d'aujourd'hui
que demain oubliera
sans chagrin
disparu dans le grain du temps


20.06.98

___________________________

FIN DE CHAPITRE

Dans la braise
l'amour se consume
d'une enfance a l'autre
au dernier chapitre
se reve
se murmure
a bout de souffle
etrangle


12.06.98

___________________________

IRONIQUEMENT

Etoilee
la mort enjoleuse
dans ses moments etourdissants
taquine le fol esprit
voue a l'inertie

rions en choeur
mes soeurs
buvons le vin grisant
grise gris
de nos mortelles ferveurs
emprisonnees
dans la vie de l'autre
venue etonner
les instants
que nul chagrin
ne peut alterer

a l'heure des dissidences s'ajoutent
quelques caresses errantes
sur vos matins devetus


09.06.98

___________________________

TITRE OUBLIE

Je songe au titre d'un poeme
quand il nous somme
d'y voir dans la suie
des etres
des iles
a plat-ventre sur la terre chaude
ennivree par les departs
continus


09.06.98

___________________________

ROUTINE DANS LES BOTTINES

Des aiguilles
dans les bottes mignonnes du present
force la routine
du jamais vu
a biffer sur des formulaires inutiles
se retrouvent dans le foin
parmi des bisous sympathiques
aux adresses mentionnees
au bas de la page

dure la vie et ses chimeres
mastiquees par des cerveaux
delirants


08.06.98

___________________________

A MEME LA VIE LE POEME

C'est dans le vif du poeme
que se repand la vie
sous toutes ses coutures
vient dire
je craque de toutes parts
je m'eclate sur des mysteres
qui retiennent mon souffle
eperdu de lumiere
a travers le sombre des desirs
spontanes


07.05.98

___________________________

HEURES SOUMISES

Quand le poeme s'enlise
dans les sables mouvants
d'une contree douloureuse
un reve violace se dessine
desordonne
agenouille
deplie par la tendresse
au sein des heures soumises

Il est tard
J'ai faim
Suis pas triste
Suis pas gaie
Juste la
teintee rouge
dans le couchant du soleil


02.05.98

___________________________

PRESSOIR

Voyage fantastique
d'une ame compressee
par tous les passes
inscrits dans une seule memoire
memoire des sens
accourue vers le langoureux
l'inedit
une cavale de sentiments
de jouissances
compiles dans une petite valise
noire
laissee au seuil d'un impossible repos
du coeur presse a froid
noble substance bue
dans la vastitude des oublis


25.04.98

___________________________

SECRETEMENT

Y a des secrets qui m'crevent
se parlent tout haut
se crient tout bas
devant soleil et lune
venus chanter l'amour
rape dans le calice d'une fleur
ce lys candide
et vierge
toujours debout sur la rive
a regarder passer les reves
emportes sur la riviere
d'une peine vivace
ennoblie


19.04.98

___________________________

FUYANCE

A l'aube
le gris enserre toujours
nos heures lointaines
devant un soleil rouge
et boheme
reparti invoquer
au coeur de la pierre
d'autres matins gris

laissons passer les nuits mouillees
quand les soirs se tordent de rire
ne restera qu'un poeme
un sourire oublie dans un cri


09.04.98

___________________________

MILLE GESTES

Chausses de soleil
les vents doux nous promenent
sur des flottements de mots inacheves
delaisses par un hiver
que des gestes ont abandonnes
dans un jardin frileux
pret a eclore en mille feux
sur l'ame esseulee


avril 98

___________________________

BROUILLARD

Je suis le soir
tu es le matin
soir d'un destin
qu'un matin desapprouve
quand se cherchent nos ressemblances
a travers les sentiers brumeux
des accomplissements
toujours renouveles


09.04.98

___________________________

JACHERE

Combien de temps
faudra t-il encore
pour taire ces orages d'images
toujours emportees
en vers
face contre terre
s'imagine des mondes modules
a la frequence des ailleurs en jachere
s'imagine des plages
de couleurs
de lumiere
ou se reposer un peu
ou reprendre le souffle
quand l'ame suffoque
d'infinis

Combien de temps
la duree
Combien de temps
la vie


07.04.98

___________________________

PRISE REPRISE

Rendez-moi l'amitie
que j'aille crever sur les dunes du reve
a mon tour que j'aille planter des fleurs
dans un jardin parfume de roses
eternelles
un jardin sur une planete naine
planete de tendresses odorantes
chargee du poids des amours confinees
Retenez-moi des sombres envolees
joueuses de tours
joueuses tout court
que le temps vient ronger
au coeur d'un instant en equilibre

Pour une derniere fois
avant de m'en aller
j'aimerais connaitre encore
le sort reserve a la naivete
avant de rejoindre
ce fantome de mon existence
encoloree
endolorie


31.03.98

___________________________

EN QUELQUES MOTS

Il se mijote des mots
dans le mou de l'histoire
se cherchent
s'empilent
se rejoignent a la meme adresse
font une pause
au coin de l'oeil d'un enfant
reprennent le chemin
qui traverse le couloir musical
de l'intime
a la rencontre d'un regard
toujours attendu
jamais entrevu
inspirent des curiosites
a l'ame intrepide
fete ininterrompue d'un espoir
conserve
dans le formol du temps


18.03.98

___________________________

ENFILADE

J'ai la tete pleine
le coeur deborde
de poemes en equilibre
sur la pointe des pieds
font des pas de deux
avant d'aller se coucher
sur ma page
me revent demesuree
me revent en queue de chemise
en noir et blanc
s'amusent dans mon jardin
enfiles sur mes heures
s'etalent de long en large
sur des montagnes d'images
endimanchees
sur ma route s'enroulent
autour d'un pur hasard
se balancent
au bout d'un nez
tres rapproche
le mien


17.03.98

___________________________

TERMINUS

J'ai des intentions
d'ecrire ton nom
en lettres de feu
sur mes paysages interieurs
de jeter tes regards
par la fenetre
de mon imaginaire
de noyer le spectre
de ton absence
definitive
J'ai des intentions
de porter la tendresse
jusqu'au berceau de l'innocence
de boire le vin
dans une coupe ciselee
par la parole donnee
de recueillir la rosee des silences
qui me regardent dormir
J'ai des intentions
de me laisser glisser sur les heures
jusqu'en bas de la pente
d'escalader mes sommeils
jusqu'aux plus hauts espoirs
a toute allure
de foncer dans l'azur
d'un ciel excessif
de mesurer la distance
entre l'ivresse
et le desarroi

Terminus
je descends


13.03.98

___________________________

JAUNE URGENCE

Caline de blues...
que j'ecoute
faut que j'te jouse...
que j'ecoute encore
une teinte de jaune
pour changer
le mal de place
pour te vivre
dans le non vivre
pour envoyer ma p'tite personne
dans les bras de la lune
qui est toujours la
a me regarder le nombril
seule elle aussi
se meurt de rire
de mes calines de blues...
de ma tete a claques
et ses voyages
dans les poemes
absolus

quand on rit
bien... on pleure pas
voila le secret
du secret bien garde
dans une petite neurone
du cerveau delinquant


10.03.98

Ref : Caline de blues (Jerry Boulet)

___________________________

OU SUIS-JE ?

J'ai passe une bonne journee
et trois mercis
mais ce soir j'ai derape
j'me reconnais plus
j'suis plus d'antan
j'grimpe tres haut
je glisse tout bas
j'ai l'ame en trou d'beigne
qui baigne pas dans l'huile
une compote
comme une marotte
d'un mal de vivre
qui se ramasse
a la cuillere
venue brasser
les intemperies
du coeur a coeur
bousille

servez-moi un cafe
un cafe tres noir
plus noir que noir
infiniment noir
dans une belle petite tasse
blanche


10.03.98

___________________________

L'INCONTOURNABLE

L'histoire au feminin
vient reparer l'erreur des sens
ou le langage de l'oeil
accomplit les gestes amoureux
subtile essence
sur nos corps
incrustee
protege de l'incontournable froidure
au fil des instants muets
a la poursuite de nos origines
toujours


09.03.98

___________________________

GLAIVE SUR LES LEVRES

L'amour
tel un glaive
vous tranche l'ame en deux
vous aspire
vers les abysses du desespoir
toujours combattu
toujours contre les jours
contre les murs
contre soi
malgre soi
toujours ces jours
mur a mur
a chercher le soleil
quelque part
fuir les jours
fuir les murs
taire en soi la voix
taire en soi une moitie d'ame
disparue


05.03.98

___________________________

AUX PORTES DU TEMPS

Dans le coulis des heures
repandues sur la vaste vie a vivre
un depart imminent
se souvient
souvient
sou...
vient
que les fleurs revent
d'un soleil parfume
toujours plus delirant
entre les durs espaces du temps
temps des rosees
sur l'ame qui defie le temps
temps de tous les instants qui durent
qui perdurent
temps morts
de celle qui marche
sur le fil du temps
delivree


05.03.98

___________________________

INTRO

Tout au fond de la betise
les yeux de mon ame
fixent le gachis de l'histoire
d'un espace poetique
sa blessure
que l'espoir abandonne
vagissante
sur un buisson ardent
condamne a vivre
dans les mots
parfumes de tendresse
toujours


28.02.98

___________________________

BLUES ALLURE

Ce soir mourra
comme tous les autres soirs
me laissera vivante
a dormir dans mes droles de reves
et demain sera un autre jour
que je porterai en moi
pour m'habituer a l'humanite
pour m'habituer a regarder bien en face
cette dentelle sur l'ame
aux allures de frissons
que l'on nomme
joies et peines
non taxables
service compris


25.02.98

___________________________

MARE ROUGE

S'en est allee
l'ame devenue muette
sous les cendres d'un
regard essentiel
s'en est allee
errer dans les eaux raleuses
d'un amour mendiant
s'en est allee
jeter l'ancre
dans la mare rouge
d'une mort amoureuse
infiniment gelee


25.02.98

___________________________

LIT ET RATURE

Enveloppe de chairs abimees
l'amour devenu rosee
par une fenetre
accomplit encore des ardeurs
sous les doigts agiles du vieil age
prelude a toutes les tentations
que le corps propose
chaude haleine vautree
dans la profondeur du lit
consacre
eternel


23.01.98

___________________________

UN JOUR L'AMOUR

Droit devant
a travers le blizzard
les jours auscultent un ciel dement
quand les nuits desesperent
en attente d'un soleil pourpre
fera briller l'or des chaines
attachees au corps de l'amour
au gout du jour
le coeur dans l'eau
les bras en croix
belle blessure mortelle
ravivee par des regards plongeants
prolonges
a bout de souffle


14.01.98

___________________________

NU LE MONDE

Passionne
le soleil eclate de rire
sur nos surfaces aseptisees

surface ronde du ventre des femmes
engrossees de males de femelles
paisibles toujours endolories

surface plane indifferente
qu'un battement d'elle suffit
a pourchasser jusqu'aux confins
des ages abrutis

surface d'ombre transfiguree
quand le soleil fremit
devant un monde nu sans age
devenu passionne


13 .01.98

___________________________

TRIANGLE

Elle est noire
je suis blanche
nous sommes jaunes
humaines triangulaires
reliees a nos espaces
pareillement intimes

Nous sommes differences
et pourtant si humanite
dans un espace aussi restreint
entre les mers agitees
entre le vent la pluie
les pleurs pareillement pleurs

Dedans nos veines
le sang pareillement sang
pousse des cris
arraches aux chaines
dedans nos cris
le sang murmure
je t'aime


01.01.98

___________________________

STRATES

En nos ames debonnaires
les amours ne s'oublient
s'empilent stratifiees
toujours en appel
ressuscitent de nos tripes
immanquablement


01.01.98

___________________________

PARCOURS

Venir revenir
d'enlacement
en enlacement
sous les desirs immacules
que l'oeil lentement deshabille
de ses douceurs
en attente du mouvement des mots
abreuves au chaud nectar
d'une encre amoureuse

31.12.97

___________________________

MAREES

Une maniere de rejoindre
l'extreme de l'Etre
provoque des mots d'ame
que le corps sait traduire
en ondes caressantes
baume sur la douleur de l'instant
qui se rappelle au feminin
blessee en ses contours
que viennent rejoindre
des eclats de tendresse
propages sur le corps mendiant
venu vibrer sous des marees
qu'engendrent la jouissance
des chairs exasperantes
exasperees


31.12.97

___________________________

ONDES

Beau ciel de mer a contempler
a l'aube des caresses
sur l'ame accomplissent tout l'univers
d'un seul regard

naitre dans l'eternite des heures
a travers les ondes en attente
qui ne savent mesurer en distance
ce que le coeur attend


29.12.97

___________________________

INSTANTS RIEURS

Le corps en son desir
palpe l'ame dans l'insense des heures
que baignent ces appels au large
embrasses d'instants rieurs

voluptueuse planete
s'arrime aux mains embrasees
venues soulever l'abandon
venues penetrer l'urgence
par la beaute des sens
de toutes les tendresses reunies


23.12.97

___________________________

POHEME BOHEME

Etreinte
la douleur etalee sur l'ame
pleure une chimere
un amour illusoire tue dans l'oeuf
par tous les soleils de minuit
echoues sur le rivage
demeures la emus

enveloppee de desirs apaisants
et bohemes
l'ame sommeille dans un souffle
dans les replis de l'etre
cruellement morcele


20.12.97



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(C) Editions En Marge et Huguette Bertrand
Depot legal / 2000
Bibliotheque nationale du Quebec
Bibliotheque nationale du Canada
ISBN 2-921818-19-1
Tous droits reserves - All rights reserved


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Ce recueil de poesie est aussi edite sur le site web de la
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