|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Pages by Stephane Mallarme
S >> Stephane Mallarme >> Pages Pages: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 We thank the Bibliotheque Nationale de France that has made available
the image files at www://gallica.bnf.fr, authorizing the preparation
of the etext through OCR.
Nous remercions la Bibliotheque Nationale de France qui a mis a
dispositions les images dans www://gallica.bnf.fr, et a donne
l'authorization a les utilizer pour preparer ce texte.
STEPHANE MALLARME
PAGES
TABLE
I. Le Phenomene futur
II. Plainte d'Automne
lII. Frisson d'Hiver
IV. Le Demon de l'Analogie
V. Pauvre Enfant Pale
VI. La Pipe
VII. Un Spectacle Interrompu
VIII. Reminiscence
IX. La Declaration Foraine
X. Le Nenufar Blanc
XI. La Gloire
XII. L'Ecclesiastique
XIII. Morceau pour me resumer Vathek
XIV. Divagation
_Crayonne au Theatre_
XV. Hamlet.
XVI. Ballets
XVII. Le Genre, ou des Modernes
XVIII. Un principe des Vers
XIX. Lassitude
XX. Richard Wagner. Reverie d'un Poete Francais
Le Phenomene Futur
Un ciel pale, sur le monde qui finit de decrepitude, va peut-etre
partir avec les nuages: les lambeaux de la pourpre usee des
couchants deteignent dans une riviere dormant a l'horizon
submerge de rayons et d'eau. Les arbres s'ennuient; et, sous leur
feuillage blanchi (de la poussiere du temps, plutot que de celle
des chemins), monte la maison en toile du Montreur de choses
Passees: maint reverbere attend le crepuscule et ravive les
visages d'une malheureuse foule, vaincue par la maladie
immortelle et le peche des siecles, d'hommes pres de leurs
chetives complices enceintes des fruits miserables avec lesquels
perira la terre. Dans le silence inquiet de tous les yeux
suppliant la-bas le soleil qui, sous l'eau, s'enfonce avec le
desespoir d'un cri, voici le simple boniment: < vous regale du spectacle interieur, car il n'est pas maintenant
un peintre capable d'en donner une ombre triste. J'apporte,
vivante (et preservee a travers les ans par la science
souveraine) une Femme d'autrefois. Quelque folie, originelle et
naive, une extase d'or, je ne sais quoi! par elle nomme sa
chevelure, se ploie avec la grace des etoffes autour d'un visage
qu'eclaire la nudite sanglante de ses levres. A la place du
vetement vain, elle a un corps; et les yeux, semblables aux
pierres rares! ne valent pas ce regard qui sort de sa chair
heureuse: des seins leves comme durs d'un lait eternel/la pointe
vers le ciel, aux jambes lisses qui gardent le sel de la mer
premiere.>> Se rappelant leurs pauvres epouses, chauves, morbides
et pleines d'horreur, les maris se pressent: elles aussi par
curiosite, melancoliques, veulent voir.
Quand tous auront contemple la noble creature, vestige de quelque
epoque deja maudite, les uns indifferents, car ils n'auront pas
eu la force de comprendre, mais d'autres navres et la paupiere
humide de larmes resignees, se regarderont; tandis que les poetes
de ces temps, sentant se rallumer des yeux eteints,
s'achemineront vers leur lampe, le cerveau ivre un instant d'une
gloire confuse, hantes du Rythme et dans l'oubli d'exister a une
epoque qui survit a la beaute.
Plainte d'Automne
Depuis que Maria m'a quitte pour aller dans une autre etoile--
laquelle, Orion, Altair; est-ce toi verte Venus?--j'ai toujours
cheri la solitude. Que de longues journees j'ai passees seul avec
mon chat. Par _seul_, j'entends sans un etre materiel et mon chat
est un compagnon mystique, un esprit. Je puis donc dire que j'ai
passe de longues journees avec mon chat, et, seul, avec un des
derniers auteurs de la decadence latine; car depuis que la
blanche creature n'est plus, etrangement et singulierement j'ai
aime tout ce qui se resumait en ce mot: chute. Ainsi, dans
l'annee, ma saison favorite, ce sont les derniers jours alanguis
de l'ete, qui precedent immediatement l'automne, et dans la
journee l'heure ou je me promene est quand le soleil se repose
avant de s'evanouir, avec des rayons de cuivre jaune sur les murs
gris et de cuivre rouge sur les carreaux. De meme la litterature
a laquelle mon esprit demande une volupte triste sera la poesie
agonisante des derniers moments de Rome, tant, cependant, qu'elle
ne respire aucunement l'approche rajeunissante des barbares et ne
begaie point le latin enfantin des premieres proses chretiennes.
Je lisais donc un de ces chers poemes (dont les plaques de fard
ont plus de charme sur moi que l'incarnat de la jeunesse) et
plongeais une main dans la fourrure du pur animal, quand un orgue
de Barbarie chanta languissamment et melancoliquement sous ma
fenetre, il jouait dans la grande allee de peupliers dont les
feuilles me paraissent jaunes meme au printemps, depuis que Maria
a passe la avec des cierges, une derniere fois. L'instrument des
tristes, oui, vraiment: le piano scintille, le violon ouvre a
l'ame dechiree la lumiere, mais l'orgue de Barbarie, dans le
crepuscule du souvenir, m'a fait desesperement rever. Maintenant
qu'il murmurait un air joyeusement vulgaire et qui mit la gaite
au coeur des faubourgs, un air suranne, banal: d'ou vient que sa
ritournelle m'allait au reve et me faisait pleurer comme une
ballade romantique? Je la savourai lentement et je ne lancai pas
un sou par la fenetre de peur de me deranger et de m'apercevoir
que l'instrument ne chantait pas seul.
Frisson d'Hiver
Cette pendule de Saxe, qui retarde et sonne treize heures parmi
ses fleurs et ses dieux, a qui a-t-elle ete? Pense qu'elle est
venue de Saxe par les longues diligences, autrefois.
(De singulieres ombres pendent aux vitres usees.)
Et ta glace de Venise, profonde comme une froide fontaine, en un
rivage de guivres dedorees, qui s'y est mire? Ah! je suis sur que
plus d'une femme a baigne dans cette eau le peche de sa beaute;
et peut-etre verrais-je un fantome nu si je regardais longtemps.
--Vilain, tu dis souvent de mechantes choses..
(Je vois des toiles d'araignees au haut des grandes croisees.)
Notre bahut encore est tres vieux: contemple comme ce feu rougit
son triste bois; les rideaux amortis ont son age, et la
tapisserie des fauteuils denues de fard, et les anciennes
gravures des murs, et toutes nos vieilleries? Est-ce qu'il ne te
semble pas, meme, que les bengalis et l'oiseau bleu ont deteint
avec le temps.
(Ne songe pas aux toiles d'araignees qui tremblent au haut des
grandes croisees.)
Tu aimes tout cela et voila pourquoi je puis vivre aupres de
toi. N'as-tu pas desire, ma soeur au regard de jadis, qu'en un de
mes poemes apparussent ces mots: <>?
Les objets neufs te deplaisent; a toi aussi, ils font peur avec
leur hardiesse criarde, et tu te sentirais le besoin de les user,
--ce qui est bien difficile a faire pour ceux qui ne goutent pas
l'action.
Viens, ferme ton vieil almanach allemand, que tu lis avec
attention, bien qu'il ait paru il y a plus de cent ans et que les
rois qu'il annonce soient tous morts, et, sur l'antique tapis
couche, la tete appuyee parmi tes genoux charitables dans ta robe
palie, o calme enfant, je te parlerai pendant des heures; il n'y
a plus de champs et les rues sont vides, je te parlerai de nos
meubles.. Tu es distraite?
(Ces toiles d'araignees grelottent au haut des grandes croisees.)
Le Demon de l'Analogie
Avez-vous jamais eu des paroles inconnues chantant sur vos levres
les lambeaux maudits d'une phrase absurde?
Je sortis de mon appartement avec la sensation propre d'une aile
glissant sur les cordes d'un instrument, trainante et legere, que
remplaca une voix prononcant les mots sur un ton descendant: <Penultieme est morte>>, de facon que
_La Penultieme_
finit le vers et
_Est morte_
se detacha de la suspension
fatidique plus inutilement en le vide de signification. Je fis
des pas dans la rue et reconnus en le son _nul_ la corde tendue
de l'instrument de musique, qui etait oublie et que le glorieux
Souvenir certainement venait de visiter de son aile ou d'une
palme et, le doigt sur l'artifice du mystere, je souris et
implorai de voeux intellectuels une speculation differente. La
phrase revint, virtuelle, degagee d'une chute anterieure de plume
ou de rameau, dorenavant a travers la voix entendue jusqu'a ce
qu'enfin elle s'articula seule, vivant de sa personnalite.
J'allais (ne me contentant plus d'une perception) la lisant en
fin de vers et, une fois, comme un essai, l'adaptant a mon
parler; bientot la prononcant avec un silence apres <>,
dans lequel je trouvais une penible jouissance: <Penultieme-->>, puis la corde de l'instrument, si tendue en
l'oubli sur le son _nul_, cassait sans doute, et j'ajoutais en
maniere d'oraison: <>. Je ne discontinuai pas de tenter
un retour a des pensees de predilection, alleguant, pour me
calmer, que, certes, penultieme est le terme du lexique qui
signifie l'avant-derniere syllabe des vocables, et son
apparition, le reste mal abjure d'un labeur de linguistique par
lequel quotidiennement sanglote de s'interrompre ma noble faculte
poetique: la sonorite meme et l'air de mensonge assume par la
hate de la facile affirmation etaient une cause de tourment.
Harcele, je resolus de laisser les mots de triste nature errer
eux-memes sur ma bouche, et j'allai murmurant avec l'intonation
susceptible de condoleance: <morte, bien morte, la desesperee Penultieme>>, croyant par la
satisfaire l'inquietude, et non sans le secret espoir de
l'ensevelir en l'amplification de la psalmodie quand,
effroi!--d'une magie aisement deductible et nerveuse--je sentis
que j'avais, ma main reflechie par un vitrage de boutique y
faisant le geste d'une caresse qui descend sur quelque chose, la
voix meme (la premiere, qui indubitablement avait ete l'unique).
Mais ou s'installe l'irrecusable intervention du surnaturel, et
le commencement de l'angoisse sous laquelle agonise mon esprit
naguere seigneur, c'est quand je vis, levant les yeux, dans la
rue des antiquaires instinctivement suivie, que j'etais devant la
boutique d'un luthier vendeur de vieux instruments pendus au mur,
et, a terre, des palmes jaunes et les ailes, enfouies en l'ombre,
d'oiseaux anciens. Je m'enfuis, bizarre, personne condamnee a
porter probablement le deuil de l'inexplicable Penultieme.
Pauvre Enfant Pale..
Pauvre enfant pale, pourquoi crier a tue-tete dans la rue ta
chanson aigue et insolente, qui se perd parmi les chats,
seigneurs des toits? car elle ne traversera pas les volets des
premiers etages, derriere lesquels tu ignores de lourds rideaux
de soie incarnadine.
Cependant tu chantes fatalement, avec l'assurance tenace d'un
petit homme qui s'en va seul par la vie et, ne comptant sur
personne, travaille pour soi. As-tu jamais eu un pere? Tu n'as
pas meme une vieille qui te fasse oublier la faim en te battant,
quand tu rentres sans un sou.
Mais tu travailles pour toi: debout dans les rues, couvert de
vetements deteints faits comme ceux d'un homme, une maigreur
prematuree et trop grand a ton age, tu chantes pour manger, avec
acharnement, sans abaisser tes yeux mechants vers les autres
enfants jouant sur le pave.
Et ta complainte est si haute, si haute, que ta tete nue qui se
leve en l'air a mesure que ta voix monte, semble vouloir partir
de tes petites epaules.
Petit homme, qui sait si elle ne s'en ira pas un jour, quand,
apres avoir crie longtemps dans les villes, tu auras fait un
crime? un crime n'est pas bien difficile a faire, va, il suffit
d'avoir du courage apres le desir, et tels qui.. Ta petite
figure est energique.
Pas un sou ne descend dans le panier d'osier que tient ta longue
main pendue sans espoir sur ton pantalon: on te rendra mauvais et
un jour tu commettras un crime.
Ta tete se dresse toujours et veut te quitter, comme si d'avance
elle savait, pendant que tu chantes d'un air qui devient
menacant.
Elle te dira adieu quand tu paieras pour moi, pour ceux qui
valent moins que moi. Tu vins probablement au monde vers cela et
tu jeunes des maintenant, nous te verrons dans les journaux.
Oh! pauvre petite tete!
La Pipe
Hier, j'ai trouve ma pipe en revant une longue soiree de travail,
de beau travail d'hiver. Jetees les cigarettes avec toutes les
joies enfantines de l'ete dans le passe qu'illuminent les
feuilles bleues de soleil, les mousselines et reprise ma grave
pipe par un homme serieux qui veut fumer longtemps sans se
deranger, afin de mieux travailler: mais je ne m'attendais pas a
la surprise que preparait cette delaissee, a peine eus-je tire la
premiere bouffee, j'oubliai mes grands livres a faire,
emerveille, attendri, je respirai l'hiver dernier qui revenait.
Je n'avais pas touche a la fidele amie depuis ma rentree en
France, et tout Londres, Londres tel que je le vecus en entier a
moi seul, il y a un an, est apparu; d'abord les chers brouillards
qui emmitoufflent nos cervelles et ont, la-bas, une odeur a eux,
quand ils penetrent sous la croisee. Mon tabac sentait une
chambre sombre aux meubles de cuir saupoudres par la poussiere du
charbon sur lesquels se roulait le maigre chat noir; les grands
feux! et la bonne aux bras rouges versant les charbons, et le
bruit de ces charbons tombant du seau de tole dans la corbeille
de fer, le matin--alors que le facteur frappait le double coup
solennel, qui me faisait vivre! J'ai revu par la fenetre ces
arbres malades du square desert--j'ai vu le large, si souvent
traverse cet hiver-la, grelottant sur le pont du steamer mouille
de bruine et noirci de fumee--avec ma pauvre bien aimee errante,
en habits de voyageuse, une longue robe terne couleur de la
poussiere des routes, un manteau qui collait humide a ses epaules
froides, un de ces chapeaux de paille sans plume et presque sans
rubans, que les riches dames jettent en arrivant, tant ils sont
dechiquetes par l'air de la mer et que les pauvres bien-aimees
regarnissent pour bien des saisons encore. Autour de son cou
s'enroulait le terrible mouchoir qu'on agite en se disant adieu
pour toujours.
Un Spectacle Interrompu
Que la civilisation est loin de procurer les jouissances
attribuables a cet etat! on doit par exemple s'etonner qu'une
association entre les reveurs, y sejournant, n'existe pas, dans
toute grande ville, pour subvenir a un journal qui remarque les
evenements sous le jour propre au reve. Artifice que la
_realite_, bon a fixer l'intellect moyen entre les mirages d'un
fait; mais elle repose par cela meme sur quelque universelle
entente: voyons donc s'il n'est pas, dans l'ideal, un aspect
necessaire, evident, simple, qui serve de type. Je veux, en vue
de moi seul, ecrire comme elle frappa mon regard de poete, telle
'Anecdote, avant que la divulguent des _reporters_ par la foule
dresses a assigner a chaque chose son caractere commun.
Le petit theatre des PRODIGALITES adjoint l'exhibition d'un
vivant cousin d'Atta Troll ou de Martin a sa feerie classique _la
Bete et le Genie_; j'avais, pour reconnaitre l'invitation du
billet double hier egare chez moi, pose mon chapeau dans la
stalle vacante a mes cotes, une absence d'ami y temoignant du
gout general a esquiver ce naif spectacle. Que se passait-il
devant moi? rien, sauf que: de paleurs evasives de mousseline se
refugiant sur vingt piedestaux en architecture de Bagdad,
sortaient un sourire et des bras ouverts a la lourdeur triste de
l'ours: tandis que le heros, de ces sylphides evocateur et leur
gardien, un clown, dans sa haute nudite d'argent, raillait
l'animal par notre superiorite. Jouir comme la foule du mythe
inclus dans toute banalite, quel repos et, sans voisins ou verser
des reflexions, voir l'ordinaire et splendide veille trouvee a la
rampe par ma recherche assoupie d'imaginations et de symboles.
Etranger a mainte reminiscence de pareilles soirees, l'accident,
le plus neuf! suscita mon attention: une des nombreuses salves
d'applaudissements decernees selon l'enthousiasme a
l'illustration sur la scene du privilege authentique de l'Homme,
venait, brisee par quoi? de cesser net, avec, un fixe fracas de
gloire a l'apogee, inhabile a se repandre. Tout oreilles, il
fallut etre tout yeux. Au geste du pantin, une paume crispee
dans l'air ouvrant les cinq doigts, je compris, qu'il avait,
l'ingenieux! capte les sympathies par la mine d'attraper au vol
quelque chose, figure (et c'est tout) de la facilite dont est par
chacun prise une idee: et qu'emu au leger vent, l'ours
rythmiquement et doucement leve interrogeait cet exploit, une
griffe posee sur les rubans de l'epaule humaine. Personne qui ne
haletat, tant cette situation portait de consequences graves pour
l'honneur de la race: qu'allait-il arriver? L'autre patte
s'abattit, souple, contre un bras longeant le maillot; et l'on
vit, couple uni dans un secret rapprochement, comme un homme
inferieur, trapu, bon, debout sur l'ecartement de deux jambes de
poil, etreindre pour y apprendre les pratiques du genie, et son
crane au noir museau ne l'atteignant qu'a la moitie, le buste de
son frere brillant et surnaturel: mais qui, lui! exhaussait, la
bouche folle de vague, un chef affreux remuant par un fil visible
dans l'horreur les denegations veritables d'une mouche de papier
et d'or. Spectacle clair, plus que les treteaux vaste, avec ce
don, propre aux choses de l'art, de durer longtemps: pour le
parfaire je laissai, sans que m'offusquat l'attitude probablement
fatale prise par le mime depositaire de notre orgueil, jaillir
tacitement le discours interdit au rejeton des sites arctiques:
<charite, explique-moi la vertu de cette atmosphere de splendeur,
de poussiere et de voix, ou tu m'appris a me mouvoir. Ma
requete, pressante, est juste, que tu ne sembles pas, en une
angoisse qui n'est que feinte, repondre ne savoir; elance aux
regions de la sagesse, aine subtil! a moi, pour te faire libre,
vetu encore du sejour informe des cavernes ou je replongeai, dans
la nuit d'epoques humbles, ma force latente. Authentiquons, par
cette embrassade etroite, devant la multitude siegeant a cette
fin, le pacte de notre reconciliation>>. L'absence d'aucun
souffle unie a l'espace, dans quel lieu absolu vivais-je, un des
drames de l'histoire astrale elisant, pour s'y produire, ce
modeste theatre! La foule s'effacait, toute, en l'embleme de sa
situation spirituelle magnifiant la scene: dispensateur moderne
de l'extase, seul, avec l'impartialite d'une chose elementaire,
le gaz, dans les hauteurs de la salle, continuait un bruit
lumineux d'attente.
Le charme se rompit: c'est quand un morceau de chair, nu, brutal,
traversa ma vision dirige de l'intervalle des decors, en avance
de quelques instants sur la recompense, mysterieuse d'ordinaire
apres ces representations. Loque substituee saignant aupres de
l'ours qui, ses instincts retrouves anterieurement a une
curiosite plus haute dont le dotait le rayonnement theatral,
retomba a quatre pattes et, comme emportant parmi soi le Silence,
alla de la marche etouffee de l'espece, flairer, pour y appliquer
les dents, cette proie. Un soupir, exempt presque de deception,
soulagea incomprehensiblement l'assemblee: dont les lorgnettes,
par rangs, chercherent, allumant la nettete de leurs verres, le
jeu du splendide imbecile evapore dans sa peur; mais virent un
repas abject prefere peut-etre par l'animal a la meme chose qu'il
lui eut fallu d'abord faire de _notre image_, pour y gouter. La
toile, hesitant jusque la a accroitre le danger ou l'emotion,
abattit subitement son journal de tarifs et de lieux communs. Je
me levai comme tout le monde, pour aller respirer au dehors,
etonne de n'avoir pas senti, cette fois encore, le meme genre
d'impression que mes semblables, mais serein: car ma facon de
voir, apres tout, avait ete superieure, et meme la vraie.
Reminiscence
Orphelin, j'errais en noir et l'oeil vacant de famille; au
quinconce se deplierent des tentes de fete, eprouvai-je le futur
et que je serais ainsi, j'aimais le parfum des vagabonds, vers
eux a oublier mes camarades. Aucun cri de choeurs par la
dechirure, ni tirade loin, le drame requerant l'heure sainte des
quinquets, je souhaitais de parler avec un mome trop vacillant
pour figurer parmi sa race, au bonnet de nuit taille comme le
chaperon de Dante; qui rentrait en soi, sous l'aspect d'une
tartine de fromage mou, deja la neige des cimes, le lys ou autre
blancheur constitutive d'ailes au dedans: je l'eusse prie de
m'admettre a son repas superieur, partage vite avec quelque aine
fameux jailli contre une proche toile en train des tours de force
et banalites alliables au jour. Nu, de pirouetter dans sa
prestesse de maillot a mon avis surprenante, lui, qui d'ailleurs
commenca: <>--<>--<savais comme c'est farce, un pere.. meme l'autre semaine que
bouda la soupe, il faisait des grimaces aussi belles, quand le
maitre lancait les claques et les coups de pied. Mon cher!>> et
de triompher en elevant a moi la jambe avec aisance glorieuse,
<> puis de mordre au regal chaste du tres
jeune: <mienne mange de la filasse et le monde bat des mains. Tu ne sais
rien, des parents sont des gens droles, qui font rire.>> La parade
s'exaltait, il partit: moi, je soupirai, decu tout a coup de
n'avoir pas de parents.
La Declaration Foraine
Le Silence! il est certain qu'a mon cote, ainsi que songes,
etendue dans un bercement de promenade sous les roues
assoupissant l'interjection de fleurs, toute femme, et j'en sais
une qui voit clair ici, m'exempte de l'effort a proferer un
vocable: la complimenter haut de quelque interrogatrice toilette,
offre de soi presque a l'homme en faveur de qui s'acheve
l'apres-midi, ne pouvant a l'encontre de tout ce rapprochement
fortuit, que suggerer la distance sur ses traits aboutie a une
fossette de spirituel sourire. Ainsi ne consent la realite; car
ce fut impitoyablement, hors du rayon qu'on sentait avec luxe
expirer aux vernis du landau, comme une vociferation, parmi trop
de tacite felicite pour une tombee de jour sur la banlieue, avec
orage, dans tous sens a la fois et sans motif, du rire strident
ordinaire des choses et de leur cuivrerie triomphale: au fait,
la cacophonie a l'ouie de quiconque, un instant ecarte, plutot
qu'il ne s'y fond, aupres de son idee, reste a vif devant la
hantise de l'existence.
<> et je ne sais quel rendez-vous suburbain! nomma
l'enfant voituree dans mes distractions, la voix claire d'aucun
ennui; j'obeis et fis arreter.
Sans compensation a cette secousse qu'un besoin d'explication
figurative plausible pour mes esprits, comme symetriquement
s'ordonnent des verres d'illumination peu a peu eclaires en
guirlandes et attributs, je decidai, la solitude manquee, de
m'enfoncer meme avec bravoure en ce dechainement expres et
haissable de tout ce que j'avais nagueres fui dans une gracieuse
compagnie: prete et ne temoignant de surprise a la modification
dans notre programme, du bras ingenu elle s'en repose sur moi,
tandis que nous allons parcourir, les yeux sur l'enfilade,
l'allee d'ahurissement qui divise en echo du meme tapage les
foires et permet a la foule d'y renfermer pour un temps
l'univers. Subsequemment aux assauts d'un mediocre devergondage
en vue de quoi que ce soit qui detourne notre stagnation amusee
par le crepuscule, au fond, bizarre et pourpre, nous retint a
l'egal de la nue incendiaire un humain spectacle, poignant:
reniee du chassis peinturlure ou de l'inscription en capitales
une baraque, apparemment vide.
A qui ce matelas decousu pour improviser ici, comme les voiles
dans tous les temps et les temples, l'arcane! appartint, sa
frequentation durant le jeune n'avait pas chez son possesseur
excite avant qu'il le deroulat comme le gonfalon d'espoirs en
liesse, l'hallucination d'une merveille a montrer (que l'inanite
de son famelique cauchemar); et pourtant, mu par le caractere
frerial d'exception a la misere quotidienne qu'un pre, quand
l'institue le mot mysterieux de fete, tient des souliers nombreux
y pietinant (en raison de cela poind aux profondeurs des
vetements quelque unique velleite du dur sou a sortir a seule fin
de se depenser), lui aussi! n'importe qui de tout denue sauf de
la notion qu'il y avait lieu pour etre un des elus, sinon de
vendre, de faire voir, mais quoi, avait cede a la convocation du
bienfaisant rendez-vous. Ou, tres prosaiquement, peut-etre le
rat eduque a moins que, lui-meme, ce mendiant sur l'athletique
vigueur de ses muscles comptat, pour decider l'engouement
populaire, faisait defaut, a l'instant precis, comme cela resulte
souvent de la mise en demeure de l'homme par les circonstances
generales.
<> proposa en altesse Madame.. seule tu sais
Qui, marquant un suranne tambour duquel se levait les bras
decroises afin de signifier inutile l'approche de son theatre
sans prestige un vieillard, que cette camaraderie avec un
instrument de rumeur et d'appel peut-etre seduisit a son vacant
dessein; puis, comme si de ce que tout de suite on put ici
envisager de plus beau, l'enigme, par un bijou fermant la
mondaine, en tant qu'a sa gorge le manque de reponse,
scintillait! la voici engouffree, a ma surprise de pitre coi
devant une halte du public qu'empaume l'eveil des ra et des fla
assourdissant mon invariable et obscur pour moi-meme d'abord
<n'est pas satisfait de la representation.>> Le nimbe en paillasson
dans le remerciement joignant deux paumes seniles vide, j'en
agitai les couleurs, en signal, de loin, et me coiffai, pret a
fendre la masse debout en le secret de ce qu'avait su faire avec
ce lieu sans reve l'initiative d'une contemporaine de nos soirs.
Pages: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6
|
|
|
|
|
Film review: Choke
Mark Crick performs 'Hanging Wallpaper with Ernest Hemmingway' and 'Boarding an Attic with Edgar Allan Poe'

History's missing pages: Iranian academic sliced out sections of priceless collection
These are high times for Gordon Brown. He has been praised for saving the global financial system, and received a welcome respite from his electoral troubles at the Glenrothes byelection. But not everything is rosy for the prime minister. His latest book, Wartime Courage: Stories of Extraordinary Courage by Ordinary People in World War Two, has sold just 193 copies in the fortnight it has been on sale. In the same two weeks, Jordan - Pushed to the Limit, the latest instalment of the glamour model's autobiography, sold 4,446 copies, despite having been on sale for 10 months. Wartime Courage currently ranks at 10,646 in the Amazon UK sales chart. To rub salt into his wounds, the reviews have been rotten. The Independent bemoaned Brown's "robotic neutrality", "engine-drone monotone" and "mealy-mouthed avoidance of 'controversial' issues". Writing in the Spectator, the author James Delingpole went further, describing Wartime Courage as a "leaden, clunken-fisted cuttings job". Brown has an "automaton-like inability either to empathise with his subject ... or to work out which details needed emphasising and which could be safely excluded". Brown's subjects - which include the Chariots of Fire legend Eric Liddell and Violette Szabo, who worked undercover for the Special Operations Executive during the second world war - were intrinsically thrilling, said Delingpole. Which "makes it all the less excusable that Brown has made them seem so dull". And that's not all. "His opening and closing essays are waffly, trite and, in so far as they attempt to make political capital from the achievements of people who have nothing whatsoever to do with him or his grisly ideology, offensive," complained Delingpole, who admitted that as a "starving author" he resented "the allocation by the publishing industry of time, money, space and attention to people who can barely write and anyway have well remunerated day jobs". Not everyone hated it, however. The Jewish Chronicle's reviewer was a lone fan, saying all of the stories in the book were "well told" and made "compelling reading". "Finding time to write this book does the prime minister credit." The book was due to be published in April, but did not hit the shops until November. A spokeswoman for Bloomsbury, the prime minister's publisher, denied it had been held back because of his low popularity ratings in the spring. "The reason it was delayed was because he hadn't finished writing it - he didn't have a ghostwriter," said Bloomsbury's publicity director, Katie Bond. Neill Denny, editor-in-chief of the publishing trade magazine the Bookseller, said that while he was surprised Brown's book had sold so badly, it was not the most tempting proposition. Denny said: "It would be different if he had written his memoirs. That could be political dynamite. We've had half the story of the Blair years, but Brown's point of view could be fascinating." But he added: "It is not disastrously bad. Hardback books do not sell in huge quantities any more. When the Booker longlist came out last year, of the 13 books, half had sold less than 1,000 copies." Gordon Brown's first book on the subject of bravery, Courage: Eight Stories, which was published by Bloomsbury last year, has sold 4,469 copies in the UK, according to Nielsen BookScan. The Conservatives may be falling back in the polls, but they are easily winning the book war: William Hague's biography of William Pitt the Younger has sold more than 78,000 copies since 2004. PM's weighty tomeTirpitz and Godfrey Place On 11 September six X-craft set out for the thousand-mile journey. Each midget submarine had two crews: one for the passage out - on which they were towed by six larger submarines - and one operational crew to carry out the final attack. Two of the midget submarines broke adrift, one being eventually recovered, the other sinking with all hands. On 19 September the four remaining vessels approached the target area, still under tow. Towing problems delayed HM Submarine Stubborn and her charge X-7 when a floating mine - part of the outer defences of Altafjord - became caught on the tow-line and was then impaled on the bows of the midget submarine. [Godfrey] Place, the commander of X-7, went out on its forward casing and cleared the mine away with his foot. guardian.co.uk © Guardian News & Media Limited 2008 | Use of this content is subject to our Terms & Conditions | More Feeds

Why shouldn't Sarah Palin get a book deal?
To the untrained eye the damage is barely visible. Yet within the handbound pages of books charting how Europeans travelled to Mesopotamia, Persia and the Mogul empire from the 16th century onwards, the damage caused by one Iranian academic to a priceless British Library collection is irreversible. Leading scholars at the library are at a loss to explain why Farhad Hakimzadeh, a Harvard-educated businessman, publisher and intellectual, took a scalpel to the leaves of 150 books that have been in the nation's collection for centuries. The monetary damage he caused over seven years is in the region of £400,000 but Dr Kristian Jensen, head of the British and early printed collections at the library, said no price could be placed upon the books and maps that he had defaced and stolen. "These are historic objects which have been damaged forever," said Jensen. "You cannot undo what he has done and it has compromised a piece of historical evidence which charts the early engagement of Europeans with what we now know as the Middle East and China. "It makes me extremely angry. This is someone who is extremely rich who has damaged and destroyed something that belongs to everybody." Hakimzadeh, 60, faces a jail sentence today when he appears at Wood Green magistrates court in London. The Iranian-born academic fled his country after the fall of the Shah and holds a US passport. He has pleaded guilty to 14 specimen charges of stealing maps, pages and illustrations from 10 books at the British Library and four from the Bodleian Library in Oxford dating back to 1998. When police searched his home in Knightsbridge, west London, last July they discovered some of the missing maps, pages and pictures inserted into less valuable editions of the same books he owned. Academics at the library were forced to turn detective in June 2006 after a reader who had taken out a copy of Sir Thomas Herbert's book A Relation of Some Yeares Travaille, Begunne Anno 1626 suggested some of its pages had been removed. Careful examination by experts at the library proved him to be correct and the staff mounted a delicate operation to find out who had been damaging the book and whether other items had suffered the same fate. Using electronic records, they found all the British Library members who had taken out the book and then examined other works these people had had contact with. They discovered that other works detailing the same periods in history and covering European engagement to the area from modern-day Syria to Bangladesh were also damaged. Pages had been sliced away close to the spine of the books and maps, one of them worth £32,000, had been removed from chapters, leaving barely noticeable indentations in the paper marking where they had been. "It was only the books taken out by Hakimzadeh which showed a consistent pattern of damage," said Jensen. They discovered that Hakimzadeh had taken out 842 books and of these at least 150 had been mutilated. Some of the stolen pages were discovered but many have been lost forever. The library wrote to Hakimzadeh, who at the time was chief executive of the Iran Heritage Foundation, a charity he formed in 1995 to promote and perserve the history, languages and culture of Iran. He replied saying he had no idea that there was any damage to the books. It was at this point that the library went to the police with the details of the investigation. Forensic scientists analysed the damaged books and police officers called at Hakimzadeh's Knightsbridge home, where he lived with his wife. "Some pages were found loose and others had been inserted into books in his own collection," said Jensen, who acccompanied the officers. "Hakimzadeh is eminently characteristic of our traditional groups of readers: he has a profound knowledge of the field. From my point of view, that makes it worse because he actually knew the importance of what he was damaging. What he did was use the cover of serious scholarly purpose to steal historic pieces and abuse our trust." The library has launched a civil action to sue Hakimzadeh for full compensation. Defaced booksThe rare books that were defaced by Hakimzadeh include: Historia de la China From the writings of Father Matteo Ricci, an Italian Jesuit who travelled to China in 1582 and became the first western traveller to settle there. First published in Latin in 1615. This copy was printed in Spain in 1621. Ricci learned to speak and write Chinese and his work was the first important and reliable European description of the country. Novus Orbis An anthology of works by Simon Grynaeus, professor of Greek at Basle. Hakimzadeh removed an engraving of a world map drawn by Hans Holbein the Younger, court painter to Henry VIII. Mithridates By the English dramatist Nathaniel Lee. Published in 1693. Ost-indian-und Persianische Reisen By Johann Gottlieb Worm, the German philosopher who accompanied an envoy of the Dutch East India Company sent to the Safavid court in Persia in 1717. He travelled to Isfahan from India via Bandar. Published in 1745. guardian.co.uk © Guardian News & Media Limited 2008 | Use of this content is subject to our Terms & Conditions | More Feeds

|
|
|
|
|
|
|